Une histoire de caca

Voilà, tout est dans le titre.

Au revoir!

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Ça fait des mois que le 3nager et moi nous livrons une guerre sans merci se servant du pot et de la toilette comme champ de bataille. Parce que notre malfaisance refuse de nous donner l’objet tant désiré; son caca.

Je croyais la partie gagnée d’avance l’été dernier lorsque nous avons commencé l’entraînement à la propreté. Les chaudes félicitations, les profusions de bravos et les tonnerres d’applaudissements ont vite flatté son ego, gonflé son orgueil; il faisait pipi sur le pot! Il devenait un grand garçon. Il était fier de lui. Nous l’étions aussi, mais nous étions aussi heureux de voir qu’enfin on pourrait dire adieu aux couches.

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C’était l’été dernier. J’en ai lu des histoires de p’tit pot. Caillou le pot, Caillou fini les couches, Sur le pot les zétoiles, Le grand voyage de monsieur caca, Non pas le pot!, Le beau caca content, Non! Je ne veux pas le pot. Si certaines de ces histoires l’ont fait rigoler, aucune ne l’a convaincu de faire l’offrande.

J’ai commencé à lire sur le sujet, des articles, des forums. Toujours la même chose. Soyez patients. L’enfant n’est pas prêt. Il voit ses étrons comme une partie de lui. Un blocage. Il doit contrôler ses sphincters. Même Freud était d’la partie! J’en ai plein mon truck! J’veux juste qu’il envoie un fax! C’est pas compliqué!
Quand un parent écrit qu’il en a assez de changer les couches d’un enfant de trois ans presque et demi, gardez-vous vos sois patient. Un enfant qui n’attend que sa couche pour livrer la commission contrôle parfaitement ses sphincters.
Nos grands-mères et toutes les générations de mères avant ne se sont pas cassé le bicyle avec Freud pis sa phase anale. Elle avait assez usé ses jointures à laver des langes, ça ne prenait pas une éternité que le bambin allait faire ses pipis et ses précieux cacas dans le pot.
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Parfois, je me demande s’il n’y aurait pas une conspiration contre les parents qui se battent pour apprendre la propreté à leurs enfants?

Donc, notre 3nager refuse de quitter le confort de sa couche pour expulser l’objet maudit. Quitte à se retenir des jours entiers. À la minute où mon homme lui a mis la Pull ups il est allé se cacher et évacuait le tout.

La situation est non seulement frustrante, mais elle est désespérante. Bien sûr qu’il sait que papa et maman veulent qu’il nous livre sa marchandise. Il a compris depuis longtemps.
J’ai tout essayé. Douceur, menace, chantage, promesse de récompense, encouragement, collant, tableau de motivation. Rien à faire. Y a les fesses aussi dures que la tête. Il résiste.

Résistance? Ah oui, vraiment? D’accord. J’avais lu qu’une mère un matin en a eu assez. Elle a jeté toutes les couches de sa fille. Pas de retour en arrière. La petite fille a résisté une semaine. Un moment donné, elle n’a plus pu garder pour elle ce qu’elle refusait à sa mère depuis des mois. 1-0 pour maman.
C’est fou, dès que les couches disparaissent les enfants n’ont plus envie de faire caca deux, même trois fois par jour… Bizarre.

Mon homme et moi avons élaboré notre plan diabolique. Finito les couches! Disparues dans la cinquième dimension. On a attendu.
Mardi. Mercredi. Jeudi. Vendredi. Toujours rien. Samedi, hier…

Je l’ai surpris à aller se cacher et s’obstiner avec moi pour ne pas sortir de sa cachette. Allé fiston, viens ici!
Le vlimeux avait commencé dans sa culotte! J’ai vidé le contenu dans son pot, l’ai fait assoir et attendu. Rien.
On a fait « comme si » je lui ai fait jeté le fruit de son délit dans la toilette et non, il n’a eu aucun blocage à tirer la chasse d’eau. Il était même content.

Un peu plus tard, il avait commencé à faire sa crotte dans sa culotte. Mais, pour une raison obscure, il est allé y mettre les doigts. Voyant comment c’était déguelasse, il est allé discrètement chercher l’aide de son père en lui disant: -« Ça pue! »
Ah tiens donc!
Lavage de mains. Retour sur le pot. Rien.
clip_art_8_toddler1.20314342917[5]Dans la soirée, je le ramène sur le pot. Il fait tout sauf sa livraison. Il me demande alors d’aller sur la toilette. Le temps passe et j’en ai assez d’être assise là et d’attendre qu’il se décide. Je lui dis alors: -« Je suis tannée d’attendre ici. Je vais attendre dans le salon, je pense que ce sera mieux. » J’étais exaspérée.
3nager est encore assis sur le trône quand mon homme revient de l’extérieur. Le petit le regarde d’un drôle d’air et lui dit qu’il a fait caca.
Il a fait son premier caca dans la toilette! Nos félicitations le rendent visiblement heureux et très fier de lui. Puis, il s’empresse de tirer la chasse d’eau.

Ai-je gagné la guerre?

Certainement pas. Toutes mes tentatives d’aujourd’hui ont été vaines. Même s’il m’a demandé avec un grand sourire: -« Si je fais caca dans la toilette, tu seras contente et tu me diras un gros bravo? »
Conclusion, il a compris. Mais il résiste toujours. À nous de tenir bon. J’espère seulement que la récompense que nous lui réservons le convaincra vraiment que nous sommes content de ce grand progrès qui se dessine.

Je m’attendais à ce que ce soit rapide et sans douleur parce que les pipis au pot ont été une étape facile et joyeuse. Mais le voir s’accrocher ainsi à ses déchets biologiques me déconcerte et me choque. D’autant que nous n’avons jamais manqué d’encourager tous ses efforts que ce soit pour construire une tour en bloc, dessiner un bonhomme, apprendre à s’habiller et tout le reste. Le pire c’est qu’il n’endure plus une couche souillée.

Pas de solution miracle ici non plus. Malheureusement! De notre côté nous avons décidé de faire front commun et de tenir bon. Pas de retour en arrière.
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Marmaille

Petit chat sauvage a un an

IMAG2984Vendredi le 13, mon petit chat sauvage a eu un an. J’ai mis tout mon talent pour faire ce délicieux gâteau de fête pour elle. J’avais hâte de la voir se salir en le mangeant. Mission accomplie.

On peut dire que j’entre dans la catégorie « maman avec expérience », puisque que j’ai déjà deux garçons.  Franchement, avoir une fille ou un autre garçon n’allait rien changer, sauf qu’avec un autre garçon, j’étais en zone de confort.  Et il me semblait que je n’étais pas la meilleure candidate pour élever une fille.  Je fais les tresses de travers, je suis un peu- beaucoup garçon manquée, je marche mal à talons hauts et je ne suis pas une experte du trait d’eyeliner.  Je n’suis pas bonne pour matcher les p’tits kits.  Je laisse ça à mon coquette d’homme.   Je me voyais plus avec un trio de gars.  Mais non!  À douze semaines de grossesse, on me disait qu’il y avait de grandes chances que ce soit un bébé fille.  Ce n’était pas une mauvaise nouvelle, en fait je n’étais même pas surprise.  Je le savais.

Ma fille est née.  Après le pire travail de mes trois accouchements.  J’ai eu droit à l’oxytocine (le méchant pitocin) et je ne le souhaite à aucune femme!

Elle avait déjà ce regard perçant et son air sérieux.  Elle dévisageait les gens.

Puis retour à la maison, nouvelle vie à cinq.  Le départ s’est révélé difficile, épuisant.  Notre sauvageonne a eu des coliques bien au-delà du troisième mois.  Ça durait des heures.  Rien ne la soulageait.  Puis, elle finissait par nous lâcher des flatulences pestilentielles.  La gazeuse majesté évacuait son mal jusqu’à la prochaine douloureuse fois.

Je ne sais pas si je peux réellement dire qu’elle fait ses nuits. Parce que justement elle se réveillait pour ainsi dire à toutes les nuits, plusieurs fois. Elle a partagé la chambre conjugale jusqu’à l’âge de dix mois. Il nous manque une chambre alors nous sommes dans l’obligation de mettre 3nager (prononcer tri-nez-dgeur) qui a lui-même le sommeil léger, et la sauvageonne dans la même chambre.
J’ai fini par en avoir assez de voir l’intimité de mon couple ainsi mise de côté. Alors, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai évincé notre sauvageonne de notre chambre à coucher. Bye-bye!
Si notre chat sauvage dort plus de nuits complètes, il reste qu’elle se réveille encore parfois. Et oui, vous imaginez bien le scénario, son frère aussi. Y a des nuits où ils se réveillent chacun leur tour. Je vous épargne les nuits d’insomnie joyeuse. Adieu sommeil!
Parce que maintenant, je n’arrive plus à m’endormir. Pourquoi m’endormir si je serai inévitablement réveillée dans une heure ou deux?
Cette terroriste du sommeil a le beau jeu. Si elle est fatiguée, elle n’a qu’à faire la sieste. Même chose pour le 3nager. Mais maman et papa ne peuvent pas faire un petit dodo d’après-midi. Non. Parce que ces deux malfaisances ne dorment pas en même temps le jour.

Elle ne sort pas du lot. Quand des dents percent, elle souffre. Elle chigne. Refuse les jouets de dentition.

Mon petit chat sauvage nous refuse tout répit. Elle refuse, elle nous a interdit de nous laisser la confier à d’autres bras. Elle a fait son nid dans nos bras et refuse de le quitter. Il n’y a que papa et maman qui à ses yeux méritent sa confiance. Si c’est un peu flatteur, c’est aussi épuisant et parfois étouffant.
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Par contre, ceux qu’elle perçoit comme des intrus, ils doivent comprendre que notre petit chat sauvage est comme le renard de cette citation que j’ai reçu de tant D., tirée du roman Le Petit Prince de Antoine de Saint-Exupéry:
– Apprivoise-moi !
– Que faut-il faire ? dit le petit prince.
– Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus.

À la fin de sa première année notre princesse se révèle être souriante et rieuse. Elle adore ses frères. Elle a une grande complicité avec le 3nager. Il la bécote, lui fait des câlins, s’assoit avec elle, la fait rire, joue avec elle, partage ses collations avec elle.
Notre grand, beaucoup plus réservé, ose parfois une caresse dans les cheveux de sa sœur. Il la décrit comme un bébé facile toujours de bonne humeur. On voit que ce n’est pas lui qui a passé près d’un an sans dormir…
Elle vit une grande histoire d’amour avec le chien à qui elle fait des câlins et qu’elle flatte. Lui, reste-là sans bouger.

Avec nous ses parents elle est un petit chat sauvage.  Sauvage quand on lui dit « non » et qu’elle se fâche. C’est qu’elle est déjà intolérante à la frustration! Sa curiosité pour tout ce qu’on fait, surtout quand je cuisine.  Il n’est pas question de goûter sans elle.  Elle est déjà gourmet, elle a des goûts sophistiqués!  Elle dévore l’osso bucco et ne refuse pas une bouchée de gravlax.

Ses câlins improvisés sont charmants. Cette façon de poser sa tête sur nous à des endroits aussi improbables qu’un pied ou un mollet. Quand elle incline la tête et fait des yeux doux à son père pendant le souper. Ses sourires et ses éclats de rires quand on la chatouille. Dès qu’elle entend « bravo » elle arrête tout et applaudit en jetant un coup d’œil à la ronde pour s’assurer que nous applaudissons tous avec elle.

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Mon petit chat sauvage m’a fait un cadeau. Immense. Faire la paix avec mes allaitements ratés. J’en gardais des souvenirs amers, malheureux. J’étais déçue de ces expériences. J’aurais tant voulu moi aussi vivre cette symbiose avec mes bébés. Faire partit du portrait romantique qu’on nous dresse de l’allaitement maternel. Mon premier bébé hurlait de douleur après chaque boire. Quant à 3nager quoique je fasse, j’avais mal. Au bout de quatre mois, il a délaissé le sein au profit du biberon.
Si j’ai eu peur et mal au début, avec ma sauvageonne tout a fini par se faire tout seul. J’ai réussi.

Finalement ma fille a eu un an. On a passé un cap. Elle est jolie comme tout avec ses cheveux châtains presque blonds, ses yeux qui passent du bleu-gris au bleu-turquoise. Tout l’amuse, la divertit. Ses grands sourires sont francs, ses rires sont pâmés. Elle est affectueuse comme un petit chat qui se pelote. Elle ne ronronne pas par moment et c’est tout juste. Avec elle, j’en ai vu de toutes les couleurs durant cette année. Ça n’a pas toujours été facile. Mais, je ne veux rien manquer. J’espère qu’elle s’ouvrira un peu plus sur le monde et qu’on respectera son rythme; elle est un petit chat sauvage à apprivoiser.

Je sais qu’un jour je songerai avec nostalgie à cette première année. Mon bébé me manquera.

Marmaille

Où sont les talons hauts?

Marmaille et talons hauts c’est un peu une représentation de mon quotidien. D’accord, je l’avoue, c’est un peu de la fausse représentation puisque je passe la majorité de mon temps en souliers plats. De ce fait les rares fois où je fais une femme de moi et que je chausse mes talons hauts, je suis en déséquilibre et j’offre un super show gratis. Juste en parler à P.

Ma marmaille, ces trois êtres qui ont transformés ma vie à jamais et qui me font passer par toute la gamme des émotions. Parce que soyons francs nos enfants peuvent nous faire passer du rire aux larmes dans l’temps d’le dire.
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J’ai un ado un peu ours des cavernes. Un casanier qui écoute du metal en jouant à ses jeux sur sa XBox. Un jeune homme intelligent et timide. Sa culture générale me surprend souvent.

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Vient notre « threenager ». Ce petit clown insomniaque de trois ans parle du matin au soir. Il passe d’adorable à détestable en une fraction de seconde. Mais malgré cela il reste généreux et serviable.

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La petite dernière, mais non la moindre; notre sauvageonne. Elle a fait son nid dans les bras de papa et maman et refuse d’aller se nicher ailleurs. Elle ne s’en laisse imposer par personne, refuse de se faire dire non. Elle est un petit chat sauvage bien affectueux. Ah! Les câlins qu’elle nous fait!

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Pour me voir marcher en équilibre sur mes talons hauts et élever cette marmaille j’ai un bon allié. Mon homme. Un père aimant qui s’occupe des enfants autant que moi. Il donne les bains, change les couches, soigne, cuisine, fait la lessive, se lève le matin, même la nuit! Il est un des rares qui ne harcèle pas sa femme les rares fois où elle sort pour aller prendre un café avec une amie.
Avec moi, il comprend, soutien, supporte et approuve. Me dit que je suis belle même quand JE SAIS que je fais dure. Bref, dans notre couple, nous sommes des égaux. L’usage de la laveuse et de l’aspirateur ne me sont pas exclusivement réservés.

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Moi. Créature élancée à la crinière folle qui cuisine, coud, écrit, pense et exprime des opinions tranchées.
J’aime mitonner des plats pour ma tribu, essayer de nouvelles recettes.
Je couds par passion, mais aussi par nécessité.
J’écris non seulement parce que j’aime ça, mais aussi parce que je sais que j’ai du talent dans ce domaine.
Puis penser et exprimer mes opinions je le fais que mon auditoire veuille m’entendre ou non. J’aime dénoncer la bêtise humaine, les connards qui peuplent nos rues. Vous allez en lire des coups d’gueule!

Je suis mère à la maison et j’assume totalement mon choix. Ce n’est pas toujours jojo, mais vous, êtes-vous toujours happy-happy-happy au boulot? Moi non plus.

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Il m’arrive comme toute mère de n’être qu’une mère dans ma tête. J’oublie que je suis d’abord et avant tout une femme. Peut-être que je devrais avoir une paire de petits escarpins à talons hauts à ma vue, symbole ultime de féminité?

Quoiqu’il en soit pour moi la mission de Marmaille et talons hauts est non seulement de divertir, mais aussi de partager avec qui le veut bien oui mes « mood swing », mais aussi vous faire connaître des recettes testées, des trucs à faire maison, des produits, et vous montrer ce que je couds.

À bientôt!
Marmaille