Courir

Après des années à la maison à passer 24 heures sur 24 avec mes deux jeunes flos, je sentais que j’avais besoin d’air.  De l’énergie à dépenser, du fizz à laisser fizzer? 😉  J’avais besoin d’un moment à moi, de sortir de la maison.  Sortir de la maison pour aller où?

J’ai toujours occupé des emplois physiques.  À bouger, forcer ou marcher toute la journée.  Cela fait quatre ans que je ne travaille plus à l’extérieur.  À force, je suis devenue une vraie couch potato.

Mais, cette année, la nature nous a rappelé à mon homme et moi que nous vieillissons comme tout le monde.  La sédentarité, un régime riche, l’excès de Pepsi et de café.  Un jour ou l’autre ça nous rattrape.

Mon homme a subi une chirurgie en juin.  Il a souffert de radiculopathie pendant cinq douloureuses années.  J’ai mené un combat sans merci contre la neurochirurgienne qui devait l’opérer.  Nous avons gagné.

Récemment, on a découvert que mon homme souffre d’ostéoporose.  Dès ce moment, je me suis transformée en Olga la grosse infirmière.  Je lui ai coupé le Pepsi qu’il se branchait presque comme un soluté tellement il en buvait.  On a réduit sa consommation de café.  Je lui ai coupé le sel.  Trouver les bonnes sources de calcium c’est un peu plus compliqué que je le croyais.  Certains légumes et graines en contiennent, mais l’absorption est pauvre à cause de l’oxalate.  Il faut aussi faire attention à l’acidité comme dans le yogourt.  Beau casse-tête.  J’attends impatiemment le moment où il fera de l’activité physique pour renforcer ses os.  Mais ça…

De mon côté, mon cœur fait parfois des siennes.  Il oubli un battement et se reprend en battant trois fois de suite plus vite.  Peut-être que je minimise la chose, mais cela ne m’a jamais empêché de faire quoique ce soit.  Je n’ai pas l’intention de changer quoi que ce soit non plus.
Je trouve plus difficile ce confinement auquel je me suis astreinte depuis ces dernières années. J’ai décidé que cela allait changer.

Je suis une loner. Je n’aime pas me fier aux autres. J’ai de grandes jambes. J’ai du stress, de la tension, parfois de la colère à canaliser. J’ai de l’énergie à dépenser, même si je me sens souvent fatiguée. Je voulais faire quelque chose qui allait me permettre de bouger et me faire sentir mieux. Quelque chose qui allait me permettre de vieillir mieux. C’est en regardant Cours toujours que j’ai eu un déclic.

L’émission diffusée sur Matv, animée par Dominic Arpin traite de la course à pied. Des entrevues avec des personnalités publiques qui courent. On nous informe sur tout ce qui concerne cette activité physique; les souliers, gadgets électroniques comme les cardio-fréquencemètres avec ou sans GPS, des souliers de courses, des blessures, des exercices en complément de la course à pied.

Avant de me lancer tête première sur les petits sentiers dans les parcs, j’ai lu. Sur les souliers, les exercices qui complètent la course comme le yoga, les tapis roulant, où acheter de bons souliers, les applications Android pour coacher mon entraînement.  J’ai opté pour First Run

Parlant de blessure, j’en ai appris une bonne et je suis convaincue que très peu de femmes savent que la course à pied peut être très dommageable pour le périnée et même parfois causer un prolapsus, surtout peu de temps après un accouchement. C’est lors de mes lectures que je suis tombé sur un article de Physioextra.

Alors, dimanche nous sommes allés à la Boutique courir sur la rue St-Denis pour acheter mes sneaks. Je me suis fiée à la bonne réputation. Je n’ai pas été déçue. On m’a fait marcher, essayer des souliers, courir dans le magasin. Threenager a adoré cet expérience de magasinage.

Hier, jour un. Course numéro un. C’est un départ!
J’ai chaussé mes New Balance 860v5 et je suis partie avec mon mangeur d’homme.

IMAG0467

Mon mangeur d’homme a voulu faire de son mieux, mais il faisait chaud en fin d’après-midi. Je n’ai pu faire que la moitié de mon premier entraînement. Il traînait de la patte et a fini par se coucher par terre. Je n’arrivais plus à le faire se relever. J’ai dû appeler mon homme pour qu’il vienne à ma rescousse.
Malgré que cette première session s’est terminée en queue de poisson, j’étais contente. J’aurais voulu aller jusqu’au bout, mais c’était impossible.
Mon cabot aura besoin d’une remise en forme plus graduelle et dans des conditions un peu plus fraîches. Il y a arrivera. Parce qu’après tout, il a été un partner super. J’ai très hâte de pouvoir courir pleinement avec lui.

Même si j’ai le mollet un peu raide aujourd’hui, il me tarde de retourner courir. J’ai trouvé ce qu’il me fallait. J’espère garder cette motivation et cet optimisme.

Sortir pour aller où?  Pour courir.  Je n’ai pas d’objectif de performance.  Je le fais par besoin.  Courir pour moi et parfois contre moi.  Mais d’abord et avant tout, pour moi.

Marmaille 😉

 

Baloo chantait…

Vous vous souvenez sûrement avoir regardé le film Le livre de la jungle de Disney quand vous étiez petit.  Si non, vous l’aurez vu avec vos enfants.  Moi, je l’ai regardé quelques fois avec Threenager.  Y a un passage du film qui m’a profondément marqué.  Même si c’est un film pour enfant, il m’a semblé que le message envoyé aux adultes est très clair.  Écoutez Baloo pousser la chansonnette qu’est sa philosophie.

Si simple, que c’est enfantin.  Pourtant c’est loin d’être la philosophie qui pousse la majorité d’entre nous.

Les gens cherchent le bonheur.  Les gens veulent être heureux et ne savent pas comment.  Ils se cherchent.  Ils ont un paquet d’amis, mais se sentent si seuls.  Même s’ils ont une vie sociale très active, ils se sentent seuls.  Ils achètent compulsivement pensant trouver le bonheur dans une paire de chaussure ou dans un gadget dont ils n’avaient pas besoin.  Toutes les raisons sont bonnes pour ouvrir une bouteille et boire jusqu’à l’ivresse.

Il y a aussi les hyènes.  Ces chacals qui par jalousie et même par envie gâchent la magie d’un moment par un commentaire stupide.  Le commentateur argumente que ce n’est que pour le bien des autres, alors qu’en fait ça les dérange que vous viviez ce petit instant de bonheur et pas lui.  L’envie est pire que la jalousie.  Elle s’insinue et teinte toute parole.  Ces personnes sont incapables d’être sincèrement contents pour les autres.  Ils font mal, ils sont toxiques.

Ça me fait penser à ceux qui tentent de projeter au monde extérieur que chez eux, tout est parfait.  Le ou la conjoint est donc exceptionnel, les enfants sont de vrais prodigues et sont si merveilleux.  Ceux-là ne nous trompent pas longtemps.  On se rend vite compte que ce n’est que de la poudre aux yeux.  Les enfants ne s’entendent pas avec les autres, initient les conflits, mais les parents sont des aveugles qui refusent de voir la vérité en face et victimisent leur progéniture.  Les autres sont donc méchants!  Pathétique.  L’exceptionnelle moitié n’est qu’un monstre d’égocentrisme qui impose ses opinions aux autres comme s’ils détenaient le grand savoir, la vérité absolue.   Je ne peux passer sous silence ces gens toxiques qui descendent toujours les autres pour se remonter le moral.

J’ai quelqu’un autour de moi qui se cherche depuis des années.  Elle l’a dit elle-même:  -« J’comprends pas j’ai tout pour être heureuse.  Une job, un homme qui m’aime, des enfants en santé.  Qu’est-ce qu’y m’faut d’plus? »  Je lui ai répondu qu’elle sera heureuse le jour ou elle apprendra à se satisfaire de ce qu’elle a mais surtout apprécier ce qu’elle a.

Les célibataires cherchent l’amour avec un grand A.  Les gens en couple se plaignent de ne pas être aimé comme ils le voudraient.  Les couples stériles pleurent de désespoir de ne pouvoir aimer la chair de leur chair.  Les parents mettraient leurs enfants dans une caisse pour les expédier à Tombouctou.  Les mères à la maison envie le sort des travailleurs.  Les travailleurs envient les mères à la maison de ne rien faire.  Ceux qui se promènent en bus envient les automobilistes.  Les automobilistes se plaignent du prix du gaz et de pelleter l’hiver.  Le voisin envie la tondeuse du gars d’à côté.  Le gars d’à côté se plaint des paiements à faire sur sa carte de crédit pour payer la tondeuse qu’il n’avait pas les moyens de s’acheter.

Metal Ado dit que c’est typique des québécois; toujours se plaindre, jamais contents.  Quand il me dit ça, je lui jète un regard noir.

Pourquoi sommes-nous incapables  de faire comme Baloo?  Parce que ce gros ours a raison:  -« Il en faut peu pour être heureux.  Vraiment peu pour être heureux.  Faut se satisfaire du nécessaire…  et vous serez un ours très bien léché!… »

Ma vie est loin d’être parfaite.  Parfois je voudrais me sauver sur une île déserte sans retour possible.  Par moment, mes enfants me tombent sur les nerfs, ils me bouffent tout rond.  Mais je les aime et je résiste mal à leurs câlins ou aux pitreries que fait Threenager.  Des fois, j’aimerais que l’ordinateur de mon homme explose pour qu’il ne puisse plus jouer à ce que je trouve être des jeux stupides.  D’autre fois j’aimerais que les films de sciences-fictions soient bannis parce que te trouve cela d’une platitude endormante et laide.  Y a des jours ou tout va de travers, je rate mes recettes, je taille un morceau de tissu à l’envers et j’aimerais que ce soit la faute de tout le monde, alors que je suis seule responsable.  Ces jours-là, tout est un drame.  Tout.

Suis-je heureuse?

Pour être heureuse, pour arrêter de me torturer en endurant ce qui me déplaisait de gens que je qualifie de toxiques, j’ai ouvert la porte je les ai flanqué en-dehors de ma vie.  Je déteste que quelqu’un demande toujours sans jamais donner.  Je n’ai pas d’énergie pour ces vampires qui me sucent mon énergie à ne raconter que des choses négatives et qui balaient du revers de la main toute piste de solution à leurs problèmes.

Je donne sans compter, sans attente.  Mais si je m’aperçois qu’humainement ça ne me rapporte rien je n’ai plus aucun remords à tirer ma révérance.  Peu importe de qui il s’agit.  Je n’ai aucune obligation à me faire empoisonner l’existence.  Aucune!

Je n’ai pas de difficulté à me satisfaire de ce que j’ai.  Et, tout ce que j’ai, je l’ai gagné.  Je ne le dois à aucune compagnie de crédit.  Tous mes achats sont réfléchis et longuement magasinés comme on dit.  Par conséquent, il m’arrive de conclure que ce serait totalement inutile, que je peux très bien m’en passer.

Mon homme m’aime, c’est hors de tout doute.  Il me soutient, me supporte.  Il essaie de m’aider même en couture parfois alors qu’il n’y connaît strictement rien.  C’est pour lui que j’aime le plus cuisiner.  Il est un père aimant pour nos enfants.  Par contre, c’est moi le bad cop de la discipline.

J’ai trois enfants totalement différents l’uns de l’autres.  Je les aime tous les trois à la folie, même si par moment je les donnerais en pâté à notre mangeur d’homme.  Je n’imagine pas ma vie sans eux.  Impossible.

J’ai mon chien, ce mangeur d’homme élégant, mais qui pète à tous vents.  Je me sens en sécurité avec lui.  J’aime le voir s’exciter comme un chiot quand je l’amène en promenade.  Ça m’attendrie toujours de le voir se laisser faire par Threenager qui se couche dessus ou ma petit sauvageonne le flatter et le bécoter.

J’ai mes beaux-parents à qui je pourrais presque demander la lune.  Je partage mes passions pour la couture et la bonne bouffe avec ma belle-mère.

Et, j’ai cette amie.  Avec elle, tout se dit sans détour.  Elle est sincèrement heureuse pour les autres quand la vie leur sourit.  Elle est affectueuse et magnétique.   Un jour, elle apprendra de Baloo…

Quand tout va bien mais qu’il arrive une peccadille, je ne me casse pas le bicyle comme on dit.  Je chante le credo de Pumba et Timon

Vous, êtes-vous heureux ou vous auriez besoin que Baloo vous pousse la chansonette?

En attendant, Hakuna matata!

Marmaille 😉