Les riches sont des B.S.

Tard hier soir, je regardais l’émission de Anne-Marie Dussault; 24/60 sur les ondes de Radio-Canada.  Elle recevait en entrevue la vérificatrice générale Guylaine Leclerc, Damien Contandriopoulos, spécialiste de l’organisation du système de santé et professeur à la faculté des sciences infirmières à l’Université de Montréal et la porte-parole de Québec Solidaire France David.

Nos médecins semble-t-il ne souffrent pas de l’austérité libérale à laquelle les travailleurs de la fonction publique et parapublique québécoise doit faire face.  J’imagine que de bénéficier ainsi des largesses du gouvernement provincial les met à l’abri des coupes dans les CPE, écoles et services de santé qu’eux peuvent se payer au privé?

Nos médecins trop payés se plaignent de tout le travail à faire.  Menaçaient de fermer des groupes de médecine familiale quand le ministre Barrette parlait de les faire travailler tous les jours de la semaine.  J’en ai entendu un dire :-« Je travaille trois jours par semaine, pas plus.  Je ne veux pas travailler plus. »  Après on se demande comment ça se fait qu’on a pas de médecin de famille?

Mon homme a attendu deux ans pour être opéré.  Pendant ce deux ans d’attente il s’est présenté à trois reprises pour rien.  L’après-midi, une infirmière venait nous annoncer que sa chirurgie était annulée.  À chaque fois, l’employeur organisait son remplacement, mes beaux-parents prenaient congé et venaient s’occuper des enfants.  On a fini par porter plainte à la commissaire.  Suite à l’examen de la plainte on a appris que la médecin spécialiste, une neurochirurgienne, était très souvent en voyage.  Elle l’était au printemps.  Est revenue pour trois semaines puis, elle a repris l’avion.  Ils font la belle vie nos médecins spécialistes pendant qu’on crève comme des cons à attendre sans rien pouvoir faire.

Ici, le ministre Couillard qui est plus un couillon qu’autre chose veut tout nous enlever ce pourquoi nous nous sommes battus depuis des générations.

Les parents dont les enfants fréquentent un CPE ou une garderie subventionnée ont peur de les perdre.  Les gens qui y travaillent craignent des fermetures.

Les écoles!  Misère!  Si vous avez un enfant pour qui tout va bien tant mieux pour vous.  Au pire, il n’aura pas de manuel et devra travailler en équipe.  Il reste qu’on se l’explique assez mal puisqu’on paye les grands frais à chaque rentrée scolaire.  Mais si un enfant présente des troubles d’apprentissage, le Ritalin ne règle pas tout.  Les évaluation demandées à répétition via le guichet unique ne donnent pas automatiquement accès aux ordinateurs, logiciels, orthophonistes, orthopédagogues, éducateurs spécialisés à ces élèves.  Malheureusement trop souvent ces ressources et ces personnes ont des listes d’attente!  En attendant, l’enfant subit les conséquences de nos élus.  Ils sont critiqués à cause de leur faible rendement, se font taquinés par des niaiseux, doublent…

J’ai un fils dyspraxique qui commencera l’école dans deux ans.  J’attends ce moment avec angoisse et rage, parce que je sais déjà que je devrai me battre pour qu’il reçoive le matériel et l’assistance dont il aura besoin.

C’est sans parler des écoles rongées par les moisissures qui doivent déménager.  Les gymnases se décomposent.  C’est une honte!  Mais, on en a bien assez pour subventionner les écoles privées.  Privé, c’est privé.  Si le public est pas assez bien pour toi, ben paye!  Paye le plein prix.  Fais pas l’assisté social.  Vends ta BM!

Fin octobre, on nous annonçait que Couillon avait octroyé 1,3 G$ à Bombardier.  Je l’avoue d’emblée, je ne connais rien en aéronautique ni en avionnerie.  J’ai compris depuis longtemps que Bombardier c’est un puis sans fond.  Une entreprise privée B.S.  Évitez-moi la rengaine ringarde du sauvetage de jobs.  1 000 000$ par emploi c’est cher la job en sale!  Les nécessiteux ne sont pas les employés, mais les grosses légumes qui se récompensent beaucoup pour tout le caca qu’ils font.  Léo-Paul Lauzon l’explique très bien.

Mais on a pas d’argent pour se faire soigner.  On a pas d’argent pour éduquer nos enfants.  On a pas d’argent pour embaucher du personnel.  On coupe partout.  Dans les services auxiliaires aussi.  Ces travailleurs dans l’ombre qui sont si essentiels aux rouages de toute la machine.

J’apprends hier que les docteurs facturent sans compter.  Sans rien vérifier, on paye.  Belle gestion.  Personne ne sait où sont passés tous ces millions.  Quel heureux hasard!  Le gouvernement ne compte se rembourser d’aucune façon.  Eux auront quand même, en plus, de généreuses augmentations de salaires.  Ils ont la belle vie les médecins au Québec.

Les questions qui se posent sont comment sont rémunérer les médecins?  Est-ce vérifié?  Par quel organisme et comment?  Ce que j’ai compris c’est que personne ne semble savoir comment sont calculées les rémunérations des docteurs.  La RAMQ entre autre ne semble rien vérifier.  Donc, personne ne s’occupe de ça.

Ce mois-ci, on apprend que les députés devront voter sur le projet de loi concernant les augmentations de salaire.  31%.  Ils passeraient ainsi de 90 000 $ à 140 000 $  Notre premier ministre, monsieur Austérité en personne doubleraient pratiquement son salaire en le faisant passer de 186 243 $ à 280 034 $.  On décortique le tout et bla bla bla, il reste que malgré les fonds de pension à cotiser ils auront pas mal plus d’argent dans leur poche que nous.

Le pire c’est que peu importe le parti politique élu on se fait toujours fourrer.  Mais personne a de fun.

Je conclue en disant que de l’argent, on en a.  Ou on en avait.  Mais pour servir leurs futurs intérêts les politiciens au pouvoir font de gros cadeaux.  Ils dépensent sans compter pour des peccadilles.  Après avoir dépensé comme des shopaholics, ils nous refilent la facture.

Pour payer la facture on coupe.  Ceux qui écopent ce sont nos malades, nos enfants.  Nous.

Un jour, il faudra se réveiller et arrêter d’élire des riches déconnectés de la vie réelle.  Des profiteurs qui se servent du pouvoir pour avilir les gens qu’ils devraient protéger et servir.

Marmaille 🙁

 

 

Dans « médecin de famille » il y a le mot « famille ».

Dans le terme médecin de famille il y a le mot famille.  Pour les ignorants, j’ai ouvert mon petit Larousse 2012 et j’ai photographié la définition du mot famille.FamilleUne famille c’est un ensemble composé par le père, la mère et les enfants. Alors, pourquoi des « médecins de famille » refusent d’ajouter des enfants à leur clientèle?  Certains prétendent que c’est par manque de compétence…  Inquiétant…  D’autres se justifient en disant que c’est par choix personnel et professionnel.  Dans ce cas, dans ma compréhension, ils ne sont pas des médecins de famille.

Si un de mes enfants a besoin de consulter un médecin je me rends dans une clinique sans rendez-vous. C’est un omnipraticien qui les ausculte et les soigne.  Si on me demande pourquoi je ne les amène pas voir un pédiatre les raisons sont autant nombreuses que valables.  La pédiatre n’est présente qu’un jour par semaine.  Le non respect des heures de rendez-vous.  L’agenda des rendez-vous est comme on dit « surbooké », donc les délais sont déraisonnables.  Si c’était vraiment grave j’irais à l’hôpital.  Autrement, un omnipraticien est, je crois, habileté à  traiter des otites, des conjonctivites et autres petits bobos.  Si le problème est hors de leur champ de compétence ils réfèrent à un spécialiste.

family-medicineIl y a tout de même des omnipraticiens dans les cliniques sans rendez-vous qui refusent de recevoir des enfants.  Peu importe les raisons invoquées, c’est inacceptable.  Le Devoir relate ici le cas d’une mère qui a finalement porté plainte contre un médecin parce qu’il refusait de recevoir son enfant.  C’est même indéfendable juge notre ministre de la santé, Gaétan Barrette, selon ce qu’a rapporté Radio-Canada dans cet article.

Aux cliniques de prévoir.  Si un médecin refuse de recevoir des enfants en consultation, il faut alors un collègue qui lui le fera.  On a pas à se faire rediriger ailleurs, ou se faire dire de revenir un autre jour.  Ou en désespoir de cause se rendre à l’urgence et attendre une éternité pour une banale, mais douloureuse otite, et se faire dire par le doc de garde que notre présence n’est pas justifiée.  J’ai déjà entendu un docteur sermonner des parents et leur lancer en boutade que ce n’était pas une bonne raison pour le déranger à l’urgence.  Les parents abasourdis n’ont rien dit.  Alors que j’avais juste envie de lui répliquer un cinglant: -« Ben arrangez-vous pour qu’on puisse voir des docteurs à la clinique pis NOUS on viendra pas perdre notre temps pour une prescription de pénicilline! »

Oui, les omnipraticiens sont très sollicités.  Des suivis, des appels, de l’osto, de la paperasse.  Je ne demande pas de miracle, mais ils ont choisi de pratiquer ce métier en toute connaissance de cause.  Eux aussi ont des familles, une vie de couple, des enfants.  Comme nous, ils veulent profiter de ce que la vie a de bon à offrir.  La médecine de bureaux ne serait pas payante, alors ils se retournent vers l’hôpital ou des spécialisations ou encore la médecine privée désaffiliée de la RAMQ.

Ce qui n’aide pas à la cause ce sont tous ces formulaires que nous patients devons faire remplir.  Que ce soit pour un congé de maladie, un retrait préventif, des requêtes, une assurance, la paperasse prend un temps fou!  Ça coûte cher.  Certains diront que c’est un mal nécessaire, mais j’ai parfois des doutes.

D’un autre côté, le système est mal fait.  Par exemple, en début d’année, j’ai contacté le CLSC pour que Threenager soit évalué.  Des mois plus tard, il a été vu par une équipe multidisciplinaire.  Il a été évalué, puis des recommandations ont été émises.  Certaines de ces recommandations sont de consulter des spécialistes.  Mais pour consulter un spécialiste on a besoin d’une requête.  Pour avoir une requête, on doit aller voir un médecin.Enfant et docteur

Premier point; le CLSC n’a plus de pédiatre.  Ils offrent pourtant une panoplie de services aux enfants d’âge préscolaire.  Mais pas de médecine pédiatrique.

Question: si une orthophoniste est habileté à poser un diagnostic, pourquoi ne peut-elle pas émettre une requête pour qu’un enfant consulte un ORL, par exemple?  Ne serait-ce pas plus simple?

Le système se désengorgerait peut-être un peu si justement nous n’avions pas besoin d’aller voir un omnipraticien pour une requête.  L’équipe du CLSC pourrait le faire.  Elles sont des infirmières, des ergothérapeutes, des éducatrices spécialisées, des orthophonistes.  Elles sont en première ligne.  Pourquoi ne pourraient-elles pas référer des patients?

Non, le système nous oblige à chasser le pédiatre et l’omnipraticien.

detourDétour obligé dans le système de santé, aujourd’hui, j’ai amené Threenager à la clinique pour ces fameuses requêtes.  La consultation a été désagréable et de courte durée.  Dès que la femme médecin a su que nous étions là pour mon fils elle m’a lancé d’un ton cassant qu’elle ne serait pas son médecin de famille et qu’elle refusait de faire son suivi.  J’ai répliqué d’un ton tout aussi cassant que je n’étais pas là pour ça, mais que j’étais obligé de consulter un docteur pour des requêtes.  Je l’aurais giflé.  Mon fils était mal à l’aise devant cette femme qui le rejetait de façon aussi véhémente.   J’étais en colère.  Je la trouvais méchante d’agir de la sorte.La claqueSachez qu’en tant que patient vous avez le droit de porter plainte au collège des médecins si un des leurs refuse de vous soigner, vous ou vos enfants.  Les raisons de ce refus doivent être justifiées.  Ne laissez pas ces docteurs et leurs cliniques s’en tirer aussi facilement.

Qu’on ne me parle pas de médecine familiale si elle n’inclue pas tous les membres d’une famille.  Parce qu’à mon avis ça devient de la médecine sélective.

Les infirmères en CLSC peuvent peuvent poser certains actes médicaux.  Les pharmaciens peuvent prescrire certains médicaments et renouveler des ordonnances.  Ça ne règle pas complètement le problème.

Bien des médecins refusent de procéder à un examen gynécologique alors qu’ils savent comment le faire.  Pourquoi?

Ils refusent souvent de faire un suivi de grossesse alors que la patiente ne présente aucun risque.  Pourquoi?  Pourquoi ne pas nous diriger vers une sage-femme comme en Angleterre et en France par exemple?  Parce que ce serait reconnaître qu’elles sont capables et compétentes?

Un enfant qui ne présente pas de trouble spécifique peut très bien être suivi par un généraliste.  Pourquoi recoure-t-on obligatoirement aux pédiatres?

La médecine me fait penser à la mafia et aux gangs de rue: chacun son territoire.  On ne va pas jouer dans les plates-bandes des autres.

En fin, j’ignore si notre ministre de la santé atteindra son objectif: 85% des québécois auront un médecin de famille.  Je nous le souhaite.  Ce serait bien la seule bonne chose que le gouvernement libéral aurait fait pour nous.

Marmaille 😉