Bon dodo mon ami

Depuis quelques temps l’heure du dodo est plus facile. Établir un rituel du coucher qui incluait la lecture d’un conte était un peu anarchique. 3nager et mon petit chat sauvage s’énervaient, n’écoutaient pas. J’étais loin du but escompté; faire revenir le calme avant de les mettre au lit. Si par malheur sa routine a été dérangée pour faire place à trop de stimulations pour lui, la nuit suivante est agitée, sans sommeil.

Je suis de la génération Passe-partout. Vous souvenez-vous de Perlin, le père de Cannelle et Pruneau?

Il leur chantait cette berceuse (pas d’image)

J’ai commencé à chanter cette berceuse y a un peu plus d’une semaine. Au début ça avait un effet hypnotique sur mon petit chat sauvage. Elle devenait molle dans mes bras. Puis, elle me demandait : -« Encore chante. » Je lui chantais la berceuse en boucle.

3nager m’a demandé de lui chanter aussi. Je lui chante. Pour me remercier il me dit que je chante bien. Bisous et il s’endort doucement.

Ce soir alors que mon homme et moi allions mettre nos deux p’tites tornades au lit 3nager nous dit : -« Je vais chanter la berceuse. » Puis il enchaîne.

« La nuit court après le jour

Le jour court après la nuit

Ils font le tour

De la cour

Bon dodo, mon ami

Fais des rêves en couleurs

Avec des fleurs, des cœurs

Le p’tit matin s’en vient

Il n’est pas bien loin… »

Même mon petit chat sauvage l’a accompagné.

J’étais tellement surprise, tellement fière! Il la connaît déjà par cœur.  Ça été un petit moment de bonheur. Le voir chanter avec son sourire qui illumine tout son visage. Si fier de voir combien il me faisait plaisir.

C’est quand on devient parent qu’on prend pleinement conscience de l’importance du sommeil. Les nuits courtes, coupées, nous épuisent. On lit des livres, des blogs, des forums. On questionne le pédiatre : -« Quand mon bébé fera-t-il ses nuits? »

Nos lectures, nos conversations avec divers intervenants du milieu de la santé se veulent rassurantes en nous disant que ce n’est une question de semaines au mieux, au pire de mois. On nous conseille souvent d’installer un rituel du coucher. Ce rituel du coucher se veut un moment de calme, de pleine disponibilité avec notre enfant.

Je ne sais pas si nos parents se sont fait dire les mêmes choses que nous. En tout cas chez nous le rituel du coucher était expéditif.

Premièrement on était envoyé au lit tôt. Même l’été. Il faisait encore soleil, j’entendais mes amies jouer dehors alors que j’étais couchée. Le rituel se résumait en une phrase : -« Ok, pipi dodo. » C’était sans appel. Pas d’histoire ni de berceuse. Jamais. J’obéissais parce que je n’avais pas le choix, pas parce que j’étais fatiguée. Je ne l’étais pas du tout. Je m’endormais tard, après avoir joué en secret dans mon lit pendant des heures. Malheur à moi si ma mère me surprenait.

Quand je suis devenue mère, je ne voulais pas que mes enfants sentent que l’heure du dodo était le moment où je me débarrassais d’eux. J’ai lu beaucoup de contes à Metal Ado. Il adorait ça. Je lui en ai lu pendant des années. C’était notre moment de calme, de nous retrouver après les longues et difficiles journées d’école. Je garde de bons souvenirs de ces lectures.

Mais avec mes deux plus jeunes établir une routine, marquer un temps d’arrêt pour arriver à la coupure a été presque une quête. Surtout auprès de 3nager. Pour lui la séparation pour une nuit est difficile. Il a besoin de nous sentir présents, sécurisé, réconforté. Il ne supporte pas la solitude. Comme mon petit chat sauvage partage sa chambre, ça dérange parfois son sommeil. Vous le savez, on veut bien y mettre toute notre bonne foi, mais vient un moment où l’enfant doit dormir et le parent avoir un temps d’arrêt, sans la progéniture.

Depuis peu ce qui fonctionne bien c’est la petite histoire inventée de papa et la berceuse de maman. 3nager s’endort jusqu’au lendemain.

Ça me fait penser à un article que dre Nadia Gagnier. Je ne suis pas fan du dre Nadia, mais il reflète des choses que j’ai déjà dites à des gens. Prenez le temps. On se plaint de ne pas avoir le temps, les premiers à écoper de ce manque de temps sont les enfants. Nos enfants. On n’a pas le temps de les border le soir, ou de jouer 15 minutes avec eux. Mais on a tout le temps d’aller magasiner, aller luncher avec des amis, jouer à des jeux, regarder la télé, aller au gym, travailler tard, mais on a pas le temps pour eux. Faut revoir ses priorités. Ils sont bien plus importants qu’un projet de voyage, une deuxième bagnole ou l’amie drama queen.

Mais, ce sera le sujet d’un prochain billet parce qu’il sera encore et toujours d’actualité.

Pour l’instant, je voulais que partager ce petit moment de magie où de sa plus belle voix, avec son plus beau sourire 3nager nous chantait « Bon dodo, mon ami »

Bonne nuit!

Marmaille 😉

T’as une vie? Ton boss s’en fout!

Sélection du Reader’s Digest.ca

C’est à une semaine d’avis que mon homme et ses collègues de travail ont appris que leur horaire de travail était modifié.  Un grand retour en arrière avec ses horaires atypiques qui sont les ennemis jurés de la conciliation travail/famille (CTF) et de la vie sociale.

Pour cette compagnie de télécommunications que je ne nommerai pas la vie personnelle des employés et employées n’est qu’un élément négligeable pour des gestionnaires ambitieux.  Ils ne gèrent pas des équipes de personnel.  Ils « gestionnent » des ressources techniques.  Ces gens dont ils disposent selon leur fantaisie voient leurs vies chamboulées, mise sans dessus dessous sans le moindre remord.

Ils diront que ce sont les besoins de l’entreprise.  Parlons-en des besoins de l’entreprise.  Ces horaires avaient été mis en place pour prévenir les besoins des clients.  L’ancienne gestionnaire en place savait très bien qu’il n’y avait pas un flot ininterrompu d’appels aussi tôt le matin.  Son expérience lui avait par contre enseigné qu’il valait mieux payer quelqu’un qui veille au grain que de risquer une crise majeure.  Cette disponibilité envers le client assurait un bon service.  Assurer un bon service à tout moment c’est fidéliser sa clientèle, ce que semble ignorer quelqu’un ou quelques personnes.

Si on suit la logique de la gestionnaire en place, alors pourquoi mon homme doit-il travailler les jours fériés?  Le flot d’appel est très faible voir nul ces jours-là.  Elle me répondrait sûrement que c’est la convention collective qui prévoit ça.  En vérité ce n’est pas à cause de la convention collective.  C’est l’entreprise qui veut absolument que quelqu’un soit présent au cas où un client aurait un pépin avec ses installations durant ledit jour férié.   C’était pour cette même raison que les employés avaient tous eu des modifications d’horaires: tout le monde commençait sa journée de travail plus tôt.  Parce que ça répondait aux besoins de la clientèle.  Mais ça convenait aussi très bien aux gens du département.

Faire en sorte que les employés et employées puissent se prévaloir de la conciliation travail/famille est une façon pour l’employeur de fidéliser son personnel ce qui apparemment n’est pas le souhait ici.  Stépanie Fissette l’explique très bien dans cet article.  L’employeur argumenterait: -« Oui, mais on parle de l’entreprise touristique! »  Ce à quoi je réponds que l’argument présenté est boîteux, puisque le concept pourrait très bien s’importer chez eux.

À la place l’employeur fait dire n’importe quoi aux statistiques compilées quotidiennement.   Il leur fait dire ce qui l’arrange.  On fait la même chose avec les sondages et les données d’études scientifiques.

Le syndicat?  Que fera-t-il?  Quand pensera-t-il à la CTF pour ses syndiqués?  Ce qui est malheureux c’est que le concept de conciliation travail/famille, même lorsque mentionné dans une convention collective  reste toujours à la discrétion des employeurs.  Parfois, ça peut être assez arbitraire.

Ici s’applique le principe de Peter.  C’est très sérieux.   C’est une maladie contagieuse ma foi.  Incurable en plus!  Tenez-vous loin du pouvoir, ça fait faire des conneries.

2016-06-4--21-04-39J’en ai plus qu’assez de voir que c’est toujours l’employeur qui passe sur nos vies comme un rouleau compresseur.  Certains diront :-« Ben oui mais c’est lui qui t’paye. »  Ce à quoi je rétorque que sans personnel, donc des être humains, l’employeur n’existe pas.  Un employé frustré de ses conditions de travail, devient improductif.  Ce qui ne passe pas inaperçu et n’est pas sans conséquence.

Franchement, je suis vraiment en colère de voir qu’une personne en autorité peut foutre le bordel dans la vie de toute une équipe d’employés et employées sans que personne ne s’interpose.  À une semaine d’avis des familles entières doivent se tourner de bord et réorganiser leur vie pour les lubies d’une gestionneuse.

Je pense à ces couples qui ne se verront plus.  Je pense à ces parents qui ne verront leurs enfants probablement que la fin de semaine, alors que jusqu’ à cette semaine, ils avaient une vraie vie de famille.

C’est malheureux, mais je ne crois pas que cette décision stupide sera renversée, malgré toute l’argumentaire qui pourrait être présenté par les employés et employées.  Ils ne sont que des numéros de matricules payés pour faire un boulot bien rémunéré certes, mais très mal reconnu dans l’entreprise.

2016-06-4--21-40-12On boss.  On donne les ordres.  On décide.  On ordonne.  On a toujours raison même quand on a tort.

Trop rarement on voit un boss prendre le temps de parler avec son équipe que ce soit dans le but d’améliorer leurs conditions de travail.  Ou faciliter les tâches.  Ou mettre l’épaule à la roue et aider leur équipe quand arrive un moment où tout fou le camp et qu’elle est débordée.  Parce que quelqu’un qui agit de la sorte est un leader.  Un leader ne se contente pas de vous répondre: -« J’en prends note. » d’une voix monocorde.  Voir si un boss va s’abaisser à faire la job de ses subordonnés!  Hey!  Leur excuse est toute trouvée: -« C’est d’la job de syndiqué, on va me déposer un grief. »  N’importe quoi!  Un grief ne veut pas systématiquement dire arbitrage, nous le savons tous, peu importe le milieu syndiqué dans lequel nous œuvrons.  Un vrai leader ne se laisse pas impressionné par ce petit mot de cinq lettres.

À la place sont choisis des p’tits boss qui plus souvent qu’autrement ne connaissent rien du travail de leur équipe.  dilbert-rescousse-principe-peter-L-1.jpegCelui  qui fait bien sa job, qui est reconnu comme tel, va niaiser des années sur sa chaise en attendant que son tour vienne…  Ou ne vienne pas.  Je doute même que ça se produise un jour.  Qu’est-ce qu’ils feraient d’un leader compétent?  On préfère le laisser végéter à réparer des troubles et monter des formations qu’il se fait saboter un jour par un Peter à la puissance 10 trop ignorant pour justement mettre l’épaule à la roue et aider son équipe efficacement au moment où ils sont dans le jus.

Quelle stimulation, quel agrément peut-il y avoir à travailler pour un employeur qui vire la vie de son personnel à l’envers sans le moindre souci, sans jamais se demander si tout ce remue-ménage en vaut vraiment la peine?  Quelle motivation, y a-t-il à rentrer travailler tous les jours sachant que les boss devant vous vous prennent pour des automates?

Ce n’est pas en traitant son monde comme des pions qu’on garde son personnel. Ce n’est pas en privant les employés de leur vie de famille qu’on gagne leur loyauté.  C’est plutôt le moyen idéal pour se retrouver avec des employés blasés, démotivés, qui travaillent finalement que pour le chèque de paye.  C’est aussi de cette manière qu’un département se voit perdre des employés compétents au profit d’une entreprise qui elle lui offre non seulement un bon salaire mais surtout un horaire de travail qui répond aux besoins de leurs familles.

L’époque où les employés embrassaient à pleine bouche la culture d’entreprise au détriment de leur vie familiale est révolue.  Si une poignée d’hommes et de femmes ne se réalisent que dans le travail ce n’est pas le cas de tout le monde.  La grande majorité veut profiter de sa vie avec ses enfants au jour le jour, pas à temps partiel.  Ces horaires atypiques qui seront de retour dès la semaine prochaine hypothéqueront la vie familiale de bien des travailleurs.  Le message doit être entendu et compris.  Les choses doivent changer.  Il est temps d’évoluer de ce côté.  Plus que temps.

Marmaille.