L’acte terroriste à la mosquée de Québec est aussi de la faute des médias

Dimanche dernier, l’irréparable a été commis au Centre culturel islamique de Québec.  Six hommes musulmans ont été assassinés.  Ces hommes laissent derrières eux des veuves et des orphelins.

Depuis dimanche dernier, les médias se cachent derrière leur masque d’hypocrisie en clamant haut et fort que c’est donc barbare, inhumain et lâche qu’un homme entre armé dans une mosquée pour tirer sur tout ce qui bouge.  Tout ce qui bougeait étant des hommes musulmans priant à la mosquée.

Je dis que les médias se cachent derrière leur masque d’hypocrisie parce que depuis la tuerie, ils se sont emparé de l’événement et se le sont approprié.  D’un coup, on ne pointe plus les musulmans du doigt pour les dénoncer et se plaindre d’eux.  Non, depuis dimanche les musulmans sont nos amis.  Ils sont (enfin) des québécois comme nous les de souches.

Depuis dimanche, on dirait que tout le monde a oublié que depuis des années ces mêmes médias se sont emparés des moindres cas isolés d’accommodements dits raisonnables pour monter des nouvelles en épingles.  Des blogs de chroniqueurs de journaux qui vilipendaient les musulmans parce que des femmes portent le voile, ou parce qu’une cabane à sucre décide d’offrir un menu sans porc à une clientèle musulmane.  Pendant des années les médias ont pointé leur doigt accusateur en direction de tous les musulmans parce qu’ils ont une religion différente de la nôtre.  Parce qu’ils sont pratiquants.  Parce que la charte des droits et libertés leur permet de pratiquer leur culte.  Parce qu’ils osent demander et qu’ils obtiennent.

Ça fait des années que j’entends les gens chialer contre les musulmans.  Ça fait des années que j’entends les gens répéter ad nauseam ce qu’ils lisent dans les journaux et entendent à  la radio ou à la télé.  Ça fait des années que j’ai constaté que le monde est trop bête pour penser par eux-mêmes.  Ces fake news sont du remplissage de temps d’antenne, du noircissage de pages de journaux!  Vous n’aviez pas compris qu’on vous manipulait?  Sûrement pas!  Vous étiez trop occupés à mémérer comme des commères de village, à rapporter des inepties.  Vous avez tout gobé comme des poissons rouges.  Vous avez été happés de plein fouet par un tsunami médiatique.  Je cite ici un passage de La couverture médiatique des accommodements raisonnables dans la presse écrite québécoise. Vérification de l’hypothèse du tsunami médiatique par Thierry Giasson, Colette Brin et Marie-Michèle SauvageauGroupe de recherche en communication politique.  Département d’information et de communication, Université Laval.

« … nous posons que la couverture qu’ont réservé les médias québécois à la question de la gestion de la diversité au Québec relève du tsunami médiatique, d’une déferlante incomparable en étendue et en intensité qui a secoué la population québécoise en deux phases distinctes et successives. Ce type de couverture dévastatrice est très rare et génère ainsi lorsqu’elle se manifeste de très forts effets de conditionnement de l’opinion publique. »

C’était de la propagande islamophobe.  Un produit made in Québec par des québécois pour des québécois.  Sauf que ce ne sont pas des musulmans qui ont attaqué à Québec.  Mais un imbécile de québécois de souche qui comprend tout au premier degré comme la majorité des gens d’ici.

Du jour au lendemain les médias de masse nous parlent de nos amis musulmans éplorés, victimes d’un crime haineux.  Comme par hasard c’est la faute des réseaux sociaux.  Ce n’est pas les médias de masse comme Radio-Cadenas, La Paresse, le Journal de Mourrial, ou TDA qui nous ont gavé de nouvelles montées en épingles au parfum de scandale.  Non.  C’est la faute à Fessebouc parce que y a des gens qui y écrivent des posts et des commentaires racistes et haineux.  Sauf que ces idiots avaient des médias de masse pour les alimenter.

À force de se faire bourrer le crâne de propagande islamophobe y a un crétin qui y a cru au point de tuer six personnes.  Un imbécile incapable de penser par lui-même.

Je ne suis ni raciste, ni islamophobe.  Je n’ai pas l’impression  non plus de me faire assimiler par les immigrants.  Je ne sens pas ma langue menacée.  Je ne me sens pas en voie d’extinction.  Franchement, que des musulmans croient en un dieu et pratiquent leur culte ne me dérange pas du tout.  Ce n’est pas parce que les québécois de souches ont déserté leurs églises que les autres communautés doivent délaisser leur culte.  Si une femme musulmane se voile, c’est son choix.  Elle en a le droit.  Notre société n’en est pas moins laïque.  On a mis le clergé dehors de nos institutions et il s’éteint tranquillement parce que ça ne nous intéresse pas.  Alors, je trouve mal placé de reprocher sa foi et sa ferveur religieuse à une communauté.  Si les musulmans demandent des aménagements et les obtiennent grand bien leur fasse.  On dit toujours: demande au pire on te dira non.  C’est qu’ils font.  Ce n’est pas parce qu’il demandent quelque chose que nous sommes obligés de tout accepter.  On a aussi le droit de dire non.

Je suis désolée pour les familles endeuillées.  J’ai de la peine pour ces veuves et ces orphelins.  Ça me brise le cœur de voir des vies mises sans dessus dessous par un cave qui a bu des paroles exagérément trompeuses.  Ce drame aurait pu être évité si les médias de masse n’avaient pas fait monter leur mayonnaise sur des situations qui n’étaient pas des événements.  C’était rien d’autre que la vie courante.

Mais on ne peut pas trop en demander à un peuple qui carbure à coups de shows de téléréalité.  Ce n’est pas en écoutant le Banquier, La voix, Star Académie ou des conneries du genre Loft story ou Occupation double qu’on apprend à penser par soi-même.  Encore moins en passant sa vie sur Fessebouc à poster des selfies.  Comme si le cerveau allait se mettre à glitcher à force d’essayer de s’en servir.

Enfin, je trouve dommage que ce drame serve de gros gibier à ces mêmes médias qui ont préparé sa mise en scène.  J’espère que les familles touchées pourront se reconstruire.  Je leur souhaite de tout cœur.  Je ne veux pas que le Québec devienne une deuxième France ou une copie désespérément laide de nos voisins du Sud.  J’aimerais tellement voir cet énergumène sans génie ne pas s’en tirer avec une maladie mentale.  J’aimerais que ces médias de masse charognards laissent sa famille tranquille, parce que pour eux l’avenir s’annonce aussi difficile que pour les familles des victimes.

Marmaille 😢

 

 

 

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Pour nos tout-petits, je souhaite…

gstp_banniere_300x600gstp_banniere_300x600Connaissez-vous LA GRANDE SEMAINE DES TOUT-PETITS?

C’est le 20 novembre dernier que débutait la première édition de La Grande semaine des tout-petits.  C’est à  cette occasion que l’on présente un portrait de la réalité dans laquelle vivent nos tout-petits québécois.

En vous rendant sur le site Internet Grande semaine vous pourrez aller signer La lettre des grands aux tout-petits et y laisser un souhait si vous le désirez. C’est une façon claire de faire savoir au Québec que nos tout-petits comptent pour vous et que vous appuyez l’initiative.
Pour marquer le coup, l’Observatoire des tout-petits publie son Portrait annuel 2016. Combien sont-ils? Dans quel environnement vivent-ils? On peut également télécharger la version complète gratuitement.

Que ça paraisse cliché ou non, nos tout-petits d’aujourd’hui seront nos adultes de demain. Notre relève.  Mais nos jeunes enfants d’aujourd’hui ne vivent pas la même réalité que nous, à notre époque. En 30 ou 40 ans, la vie a beaucoup changé. Nos bambins ne sont pas différent de ceux d’hier. Ils ont les mêmes besoins. Mais les temps changent et ça n’évolue pas nécessairement toujours en leur faveur. On veut bien faire, leur donner le meilleur. Je me demande tout de même; est-ce que notre meilleur à nous est vraiment leur meilleur à eux? Oui, on fait ce qu’on peut. Parfois on pourrait et on devrait faire plus et mieux. Mais la vie a ses limites et on fait notre possible.

La routine: spirale infernale
Depuis le tournant du siècle en fait, nos tout-petits fréquentent la garderie comme si c’était un passage obligé.  Les mères au foyer sont devenues une espèce rare qui se fait regarder de travers et doit répondre au: -« Votre enfant ne va pas à la garderie? » plein de sous-entendus.  Le système fait que se sont les CPE qui décident du moment où votre bébé y fera son entrée.  Tôt dans sa vie l’enfant se fait prendre dans la spirale infernale du métro-boulot-dodo.  Levé tôt, déjeuné en quatrième vitesse, en route pour la garderie, maman part au travail, maman travaille toute la journée, maman va chercher son petit à la garderie, on rentre à la maison, on soupe, c’est le bain et au dodo.  C’est la même chose pour l’enfant qui va à l’école.  Quand pouvons-nous vraiment profiter de notre marmaille?

Élément perturbateur
Se retrouver à la maison avec son tout-petit est une chose.  Être activement avec lui en est une autre.  Partout on voit des parents qui s’occupent distraitement de leur enfant parce qu’ils ont les yeux rivés sur un satané écran!  Si ce n’est pas Facebook, c’est Twitter ou Instagram, si non, c’est un jeu ou des messages textes.  L’enfant qui demande la présence de son parent à grand renfort de demandes ou de conneries devient un irritant.  Pire, pour avoir la paix, on les plogue sur des tablettes ou des ordinateurs.  Très vite l’enfant devient dépendant de l’écran et n’arrive rien faire d’autre.  On en est plutôt au parent 0.2 que 2.0!  Quand c’est rendu qu’on voit des publicités nous recommandant de jouer une quinzaine de minutes par jour avec notre enfant c’est qu’à mon avis il y a un problème.  L’excuse facile c’est la fatigue et le manque de temps.  Mon observation est la suivante: -« Trop fatigué pour passer du temps avec ton enfant, par contre le temps ne manque pas et la fatigue disparaît d’un coup pour jaser avec des étrangers ou jouer à des jeux cons…  Bizarre… »  Je ne comprends pas l’hilarité des gens quand ils entendent un enfant dire de son parent qu’il est toujours sur son téléphone à poster sur Facebook ou à jouer à des jeux.

Plus ça change, plus c’est pareil
Non, les jeunes cocos et cocottes d’aujourd’hui ne sont pas différents de nous. Ils ont les mêmes besoins que nous avions. Manger, dormir, respirer. Se sentir aimé, protégé, en sécurité. Ils ont besoin d’être accompagné, stimulé. Ils ont besoin qu’on soit présent. Ils vivent les mêmes phases de développement, aux mêmes âges. Bien que tous, de tout temps vivent les mêmes choses, chacun d’eux est unique. Chaque parent, chaque famille est différente. Là encore, rien de nouveau. Ça toujours été ainsi. C’est l’éternel recommencement.

Je pense qu’une Grande semaine pour les tout-petits est une bonne idée.  Ça permet à tous de faire un bilan de sa parentalité, de notre quotidien, du bien-être familial.  Un rapport comme le Portrait annuel met en lumière les points forts et les lacunes de la société dans laquelle nous vivons.  Encore trop d’enfants vivent dans des familles dont les revenus sont sous le seuil de la pauvreté.  Les impacts sur eux peuvent être grands.  Peu importe la classe sociale dans laquelle vit l’enfant l’important est qu’il mange à sa fin, qu’on mette le temps et l’énergie à favoriser son développement, qu’il soit en sécurité et qu’on l’aime.  J’ai une longue liste de souhaits pour notre marmaille québécoise.  Mon souhait ultime est de sortir tous les enfants de la pauvreté.  Vœux pieux?  Peut-être.  Mais je ne doute pas un instant des impacts positifs que cela aurait dans notre province.

Pour les touts-petits d’aujourd’hui et de demain je souhaite la sécurité alimentaire.  Aucun enfant ne devrait avoir faim ou manger une nourriture de piètre qualité.

Je souhaite qu’ils aient tous les mêmes chances peu importe leur milieu, leur origine, leur langue, leur couleur de peau ou religion.

Je souhaite que les enfants qui présentent des défis particuliers reçoivent les soins et les services dont ils ont besoin tout de suite.  C’est une honte toute ces listes d’attentes partout.

Je souhaite que nos enfants soient réellement protégés des adultes vils qui ne cherchent qu’à leur faire du mal et à assouvir leurs bas instincts.  Qu’on punisse très sévèrement ces gens.

Je souhaite que les parents à bout de souffle aient du répit.  Un parent reposé aura à nouveau de l’énergie et pourra mieux s’occuper de son enfant.

Je souhaite que les parents qui se sentent perdus et abandonnés soient épaulés, afin de mieux aider leur tout-petit.

Je souhaite que les parents accros à l’écran décrochent et focussent sur leur tout-petit.  Vous n’êtes pas si fatigué et oui vous avez le temps pour lui…  ou elle.

Je souhaite que les parents puissent bénéficier de la conciliation travail/famille, dans l’intérêt de la famille et non de l’employeur.

Je souhaite que les tout-petits dont les parents ont des horaires de travail atypiques ne soient pas obligés de fréquenter la garderie ou le CPE à temps complet comme c’est présentement le cas.

Finalement, je souhaite que tous les tout-petits soient aimés, respectés et chéris.

Bonne semaine les poussinots! Bonne semaine les poussinettes!
Marmaille 😉