La mode, ce n’est pas que dans les vêtements, elle est aussi dans ce qu’on ingurgite.  Les sushis et le risotto par exemple ont connus leur époque de grande popularité.  Huile d’olive, graines de lin, chocolat noir, curcuma, thé vert, quinoa, graines de chia, bleuets, baie de goji et kale pour ne nommer que ceux-là sont élevés au rang de supers aliments.  Dans le fond, aucun de ces aliments n’est un super aliment.  Cela n’existe pas.  Ils sont bon pour la santé oui, mais ne font aucun miracle.  Ils ne guérissent pas les cancers et ne nous font pas vivre éternellement.  Donc…

Les aliments fermentés semblent aussi faire un retour en force.  Qu’on parle de faire son kimchi maison, son yogourt, son pain au levain ou son kéfir, la fermentation ou la lacto-fermentation compte de plus en plus d’adeptes.  Biensûr, ce mode de transformation des aliments apporte son lot de bienfaits pour notre santé.  Les probiotiques sont très « in » ces temps-ci.

J’aime la fermentation.  J’ai fait du yogourt maison.  Mais boulanger mon pain au levain a vraiment été un coup de cœur.   J’aime toujours autant voir mes levains être gorgés de bulles et doubler, jusqu’à s’échapper de leur bocal.  Mais récemment, c’est le kombucha que j’ai découvert.  Depuis, je me prends pour un savant fou mouhahahahahahaha!

En gros, le kombucha est le résultat d’un thé noir sucré qui a fermenté.  Le breuvage est consommé depuis des millénaires.  Le procédé de fabrication est très simple.  On ensemence le thé noir sucré d’un mère de kombucha et de son liquide.  La mère de kombucha que nous connaissons tous sous le nom de SCOBY (Symbiotic Culture Of Bacteria and Yeast) est une Culture Symbiotique de Bactéries et de Levures (CSBL en français).  Ces micro-organismes qui vivent en symbiose s’attachent ensemble pour créer un disque qui ressemble à une crêpe visqueuse.  La mère de kombucha se nourrit du thé et du sucre.  De sa digestion résulte un thé fermenté; le kombucha.

J’avais résisté jusque là à la frénésie du kombucha.  Même que pour dire franchement jusqu’à ce que j’en boive, je ne savais pas ce que c’était.  Je regardais la bouteille de Rise Menthe chlorophylle et je trouvais que ça avait l’air de l’eau stagnante embouteillée.  Pas rassurant!  J’ai aimé les fines bulles.  J’ai trouvé cela très rafraîchissant.  Le goût vinaigré m’a surpris.  Au point où je n’étais pas certaine d’aimer ça.  C’est très particulier le kombucha.  J’ai essayé encore.

Peu importe les bienfaits avérés ou non du kombucha à 4$ les 400 ml, ça reste un breuvage de luxe.  Même si on veut boire quelque chose de sain, c’est une dépense frivole…  Frivole parce qu’on peut brasser son kombucha soi-même à la maison.  En plus de l’avantage économique, on peut l’aromatiser selon nos envies du moment.  On peut contrôler la fermentation; selon qu’on l’aime plus ou moins vinaigré.  On peut le préférer tranquille ou effervescent.

Après avoir récolté des infos ici et là sur le net, je me suis lancée. Si vous n’avez pas de mère de kombucha, vous devrez vous en procurer une. Vous pouvez en acheter une. Quelqu’un que vous connaissez qui brasse son kombucha peut toujours vous donner une mère. Si non, vous pouvez faire naître votre mère de kombucha à partir d’une bouteille de kombucha du commerce. C’est ce que j’ai fait. Voici l’évolution de Betty, ma mère kombucha.
Faire naître une mère de kombucha
1. Procurez-vous une bouteille de kombucha vivant, non pasteurisé (regardez, vous en verrez peut-être flotter un blob dedans!)
2. Préparez un tasse de thé noir non aromatisé: 1 T. d’eau bouillante, une poche de thé noir, 2 c. à s. de sucre. Faites dissoudre le sucre dans l’eau bouillante. Ajoutez le thé et laissez infuser quelques minutes. Retirez la poche et laissez le thé refroidir à t° pièce.
3. Dans un bocal à grande ouverture, d’une capacité d’1 L, versez 1/2 bouteille de kombucha avec ses dépôts et le blob s’il y en a un. Ajoutez le thé noir sucré, refroidit.
4. Couvrez l’ouverture du bocal d’un linge à vaisselle et attachez-le serré avec un élastique. Les micro-organismes ont besoin d’air pour faire leur travail. Le tissus doit être tissé serré afin qu’aucune poussière ou parasite le contamine. (Évitez le coton à fromage)
5. Placez le bocal au chaud (env. 25 °C) dans un endroit sombre.
6. Laissez les bactéries et les levures former la mère de kombucha pendant 7 à 10 jours en moyenne. NE BOUGEZ PAS LE BOCAL, NE LE DÉPLACEZ PAS, NE LE BRASSEZ PAS. CELA PERTURBE LE PROCESSUS.

Au fil des jours, vous verrez un voile flou se former sur la surface, votre mère de kombucha naît. Puis des taches plus opaques, blanches, et sur toute la surface. La mère prendra quelques millimètres d’épaisseur.
Le contenu du bocal doit sentir le thé vinaigré.
Nourrissez votre mère de kombucha de thé sucré tous les 7 à 10 jours environ. C’est avec le temps que votre mère de kombucha fera des bébés et prendra de l’épaisseur. Le minimum recommandé est de 1/4″ (6 mm).

Quelques précautions:
Privilégiez les bocaux en verre ou en céramique. Le plastique s’égratigne. Ces égratignures sont des nids à parasites.
Évitez tout métal autre que l’acier inoxydable; ou utiliser des ustensiles en plastique ou en bois.
Évitez l’eau chlorée; faites-la bouillir une vingtaine de minutes et laissez-la refroidir avec son couvercle. OU laissez le chlore s’évaporer toute une nuit.
Gardez vos ustensile et bocaux propres. Gare au savon. Au besoin rincez avec un peu de vinaigre blanc.
Lavez-bien vos mains. Vous pouvez aussi les rincez avec un peu de vinaigre.
Votre mère de kombucha doit sentir le thé vinaigré.
Si des moisissures apparaissent (à ne pas confondre avec des filaments des levures) jetez tout.
En cas d’infestation par des parasites: mouches à fruit, fourmis, jetez tout.

Prochain billet, brassez son kombucha!
À bientôt,
Marmaille 😉

 

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