Tricoter est un baume pour l’âme.

Les arts textiles m’ont toujours attirés. Que ce soit la confection de vêtements, la broderie, les courtepointes, le tricotin, le tissage ou le tricot. Ce n’était pas présent chez nous. Je ne sais pas d’où me vient cette curiosité. J’ai toujours trouvé dommage de n’avoir personne pour étancher ma soif dans ce domaine.

J’ai fini par rencontrer mon homme… Bonus, sa mère sait tout ça. Elle coud.  Pour elle la confection des vêtements n’a pas de secret. Dailleurs son atelier de couture est une vraie caverne d’Alibaba. Elle sait broder, même si ce n’est pas exactement ce qu’elle préfère, sauf à la machine. Le tricot est également un domaine où elle excelle.

Mon intérêt pour la couture l’a ravie. Enfin de la relève! Je ne demandais qu’à apprendre. Elle m’a donné l’élan dont j’avais besoin. Depuis, je me débrouille, sans être une pro. Il arrive encore souvent que je fasse appel à elle quand je veux entreprendre un projet de couture pour lequel je ne maîtrise pas tout.

Mamie tricote aussi! Lentement , mais sûrement. Son amour du tricot est né lorsqu’elle était enceinte de mon homme. Elle voulait que son bébé ait une belle layette. Armée de son désire d’apprendre, de sa patience et de toute sa volonté elle est allée prendre des cours de tricot. Elle n’a plus jamais lâché ses aiguilles à tricoter depuis quarante ans.

Mamie nous a tricoté de belles choses. Un petit cardigan et un pull pirate pour 3nager. Des bas souris pour mon petit chat sauvage. Des bas pour toute la famille. Voir défiler tous ces ouvrages patiemment tricotés a fait vibrer ma corde sensible… je voulais apprendre à tricoter. Ce qui a motivé cette envie irrépressible d’apprendre à tricoter était mon désir de faire un poncho pour mon petit chat sauvage… et les groupes de tricots auxquels j’ai adhéré sur Fessebouc. Franchement, comment peut-on rester de marbre devant tant de beaux ouvrages? Je ne connais personne qui n’aime pas les tricots, peu importe la fibre.

J’avais déjà appris il y a plusieurs années. Malgré mes bonnes intentions l’expérience s’est avérée difficile et frustrante. Je tricotais très serré. Je finissais avec des douleurs aux épaules. J’accumulais les erreurs. Je trouvais cela très long. Bref, je n’étais pas rendue là dans ma vie. Je m’étais retournée vers le tricotin en guise de consolation, mais je n’étais jamais totalement satisfaite de l’ouvrage que ça donnait. J’ai laissé tomber.

En septembre dernier, j’ai planifié une soirée tricot-vino avec mamie. Avant de se rafraîchir le gosier, on s’est payé une séance de magasinage à la boutique de laine. J’ai adoré mon expérience de magasinage et c’est devenu mon spot.

Contente de partager son savoir, forte de ses talents d’enseignante, mamie s’est installée avec moi et une coupe de vin pour me donner mon premier cours de tricot. J’ai eu un déclic! Mais un instant! Je ne dis pas que tout a été facile! J’ai buté un peu sur le nœud coulant et le montage des mailles au début. Un coup ces obstacles passés j’enfilais des mailles régulières sur mes aiguilles. Mon échantillon était régulier et souple. Rien à voir avec ce que j’avais fait des années auparavant. Sans vouloir me vanter, mamie était impressionnée! On l’était toute les deux à vrai dire. J’étais très surprise de mon aisance.

Je suis assez bonne pour enchaîner les mailles une à la suite de l’autre, mais j’ai encore bien des choses à apprendre. J’ai déjà eu à défaire des rangs entiers pour corriger des erreurs. Ça été long et pénible. Jusqu’à ce que cette semaine, je vois mamie opérer mon tricot à cœur ouvert. J’étais complètement ébahie! Ça avait l’air compliqué , alors que c’était assez simple. Je ne sais pas rattraper les mailles perdues non plus. Mais bon, mon ignorance de ces techniques ne m’a pas empêché de terminer de tricoter mes pièces pour le poncho. Il reste à les bloquer, rentrer les fils et assembler le tout.


J’ai tricoté un foulard, qui doit être bloqué. J’en tricote un autre pour Metal Ado. Je pourrai bientôt, je l’espère, commencer mon shrug. Le tricot me fascine. C’est fou quand on pense que c’est en tricotant un fil qui n’est pas élastique du tout qu’on arrive à faire un vêtement souple et qui a de l’élasticité. Toutes ces textures différentes d’une fibre à une autre, d’un mélange de fibres à un autre. Les textures créées par les points choisis. Comme je le dis souvent c’est tout un monde qui s’ouvre à nous.
J’explore également les outils de travail. Surtout les aiguilles. J’ai commencé avec des aiguilles en bois aussi belles que des bijoux. J’ai essayé des aiguilles hyper techno et d’autres métalliques plaquées au nickel. J’ai finalement jeté mon dévolu sur les aiguilles circulaires interchangeables en acier de ChiaoGoo.
Il faut aussi dire la vérité. On ne tricote pas pour économiser de l’argent. Le tricot est devenu un loisir somme toute assez dispendieux. Les bonnes laines coûtent chères. Les bonnes aiguilles à tricoter valent leur pesant d’or. Par contre, le fait main n’a pas de prix. La qualité est au rendez-vous. Le tricot, c’est se faire un cadeau.

Apprendre à tricoter c’est se faire transmettre un leg, un héritage. Vu le monde dans lequel nous vivons je crois que c’est un plus. On apprend à se déstresser, à se déconnecter de la vie effrénée dans laquelle on se laisse prendre. On met du temps, de l’amour et de l’énergie à fabriquer quelque chose. On fait revivre une art millénaire. Nous tricotons depuis 1200 ans. Autant les hommes que les femmes. Alors voir des hommes se tricoter une paire de bas n’a rien de nouveau, ils l’ont toujours fait.C’est peut-être marginal de nos jours, mais ce n’est pas une nouveauté dans les mœurs.

Je tricote donc presque à tous les jours depuis la fin du mois de septembre. J’ai eu la piqure. Mamie a créé un monstre. Mettre mon ouvrage de côté me coûte toujours. D’après des études, le tricot aurait les mêmes effets sur le cerveau qu’une séance de yoga. On ne dit pas : -« Mains actives, esprit serein » pour rien. Personnellement, j’ai observé que depuis que je tricote, je me sens moins anxieuse et je dors mieux. Je passe moins de temps devant un écran. Je trouve motivant de voir mon tricot monter, prendre forme sous mes yeux et mes mains. Ça a quelque chose de gratifiant. Dès que je le peux, je prends mes aiguilles et je les fait cliqueter. J’amène mon sac Tricot sur le go! partout avec moi. Tricoter a un effet calmant, apaisant, méditatif. C’est un moment d’arrêt. Un baume pour l’âme.

Même si mon savoir est rudimentaire dans ce domaine, j’en profite pleinement. Contrairement à ce que je pensais, je n’ai pas encore eu de commentaire du genre « le tricot c’est pour les mémés ». Non, les gens que j’ai croisé trouvent ça beau et intrigant. Un peu comme un tour de magie. En tout cas, c’est bien plus qu’un skill post apocalyptique! 😉

À bientôt! 😉

Marmaille

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